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JulietteLG

Vos avis sur l'économie sociale et solidaire ?

4 messages dans ce sujet

Bonjour, j'aimerai compléter la riche contribution de just2know33 D'abord, bien faire attention à la définition de l'ESS. Un projet de loi est en cours de préparation, qui comportera sa définition propre. Aujourd'hui, on définit l'ESS sous l'angle de trois critères : - le statut de l'entité : association, mutuelle, fondation ou coopérative - sa finalité : non lucrative (ou à lucrativité limitée selon le nouveau projet de loi) - son mode de gouvernance démocratique (sur la base de 1 adhérent ou 1 salarié = 1 voix) Techniquement, on pourrait intégrer dans l'ESS toutes les assos + de nombreuses banques au statut coopératif (Caisse d'Epargne, Crédit Agricole, Banques Populaires...) + des assurances (GMF, MAIF, MACIF, MMA, MAAF,etc) des entreprises particulières comme les coopératives (SCOP, coopératives de production ou SCIC, sociétés collectives d'intérêt général). Des organismes de droit privé assurant une mission de service public comme les CAF ou l'URSSAF pourraient également être intégrées dedans. Bref, techniquement, l'ESS est avant tout une notion générique et composite qui recouvre toute une partie de l'économie (environ 10% des emplois et environ autant en chiffre d'affaires) mais très diverses dans sa manière de fonctionner. On a des structures mutuelles et coopératives (et parfois des associations) qui agissent comme des entreprises classiques, dont l'objectif principal et de produire du chiffre d'affaire et du résultat net, et qui ne font pas particulièrement attention ni à la bonne redistribution des richesses créées, ni à un mode de gouvernance novateur et respectueux des salariés. A l'inverse, on peut avoir des coopératives ou des associations qui prennent leur place sur le marché des biens et services et redistribuent volontairement les richesses créées au bénéfice des salariés et de la structure, et optent pour un mode de gouvernance démocratique à base d'Assemblée générales annuelles avec renouvellement régulier des dirigeants. En ce qui concerne la finalité de l'ESS (alternative au capitalisme ou simple supplétif), la réponse est sans doute à l'image de l'ESS elle-même : variée. On peut faire tout de même quelques observations : - l'ESS va souvent là où le privé ne va pas. Soit avec le soutien de fonds publics, soit seule. Ainsi pour certains services à la personnes dans les zones rurales. - Dès lors qu'un champ économique creusé par une structure ESS est reconnu rentable, le privé s'y engouffre : le cas des mutuelles d'assurance et de la banque de détail en est l'exemple historique le plus visible. - l'ESS connaît moins la crise que les structures privées classiques, grâce à plusieurs facteurs notamment (pas forcément cumulés) : le mode de gouvernance démocratique (où les salariés rassemblés en AG peuvent décider une baisse collective de leurs salaires pour éviter de disparaître), et l'obligation légale de réinvestir une grande partie du résultat annuel au sein même de la structure (plus de 50 ou 75% pour certaines coopératives), ce qui consolide d'autant leur bilan ; enfin, facteur peut-être plus conjoncturel, leur moindre exposition aux marchés extérieurs, de par leur positionnement vers des activités présentielles (biens et services aux personnes). Mais on a également l'exemple d'un grand groupe industriel international d'origine basque (FAGOR) qui est avant tout une coopérative... - L'ESS semble créer quelque chose de difficilement quantifiable sur un plan strictement comptable : du lien social. Les associations de quartier, les assemblées de mutuelles et des coopératives permettent de construire chez l'ensemble des souscripteurs et des participants une forme d'identité, un sentiment d'appartenance collective qui transcende parfois les logiques économiques classiques. - l'ESS semble être à la mode en ce moment : un ministre délégué (Benoît Hamon) prépare une loi pour mieux encadrer les initiatives existantes et en susciter de nouvelles formes. Des séminaires d'ESS éclosent dans les écoles de commerce. Des formations spéciales commencent à émerger. Comme tout effet de mode il y aura des effets secondaires. J'espère avoir répondu à une partie de vos interrogations, et reste disponible pour tout éclaircissement. Cordialement Jori

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>> A lire : Les manuels d'économie manipulés par l'extrême gauche ?

Bonjour, Je suis en première année d'économie gestion, et j'étudie l'économie sociale et solidaire. Je trouve ce sujet particulièrement intéressant et pour l'approfondir un peu plus j'aimerais avoir vos avis sur l'ESS. Est-ce pour vous une économie qui tend à fonctionner comme alternative au capitalisme ou au contraire pensez vous que cela ne peut fonctionner à long terme (ouverture aux capitaux extérieurs, dépendance des fonds publics...) ?

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Bonjour, Je suis moi même en première année d'Economie Gestion et ce thèmes m'intéresse également. En effet, je pense en effet que cette Economie sociale et solidaire pourrait fonctionner mais uniquement dans des pays en essor économique ou bien de très petites nations. Par exemple je vois mal la France l'accepter au point de la crise ou nous sommes. De plus, chambouler de l'économie ainsi ne sera pas forcément bénéfique car les rôles de chacun s'en verront modifiés. J'ai une vision très négative et pourtant je soutiens cette idée d'ESS, je souhaiterais vraiment que cela puisse fonctionner. Pourquoi pas le tenter dans des petites nations justement comme énoncé plus tôt?

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bonjour, vous parlez d'économie sociale et solidaire; je pense qu'elle ne peut être une alternative au capitalisme sous peine de s'extraire de la mondialisation, s'isoler comme dans un régime communiste et donc dépérir. Par contre elle peut se concevoir comme un complément de redistribution, ceci implique malgré tout une puissance publique largement interventionniste, avec une volonté politique dans le cadre d'une entité plurinationale, car à un niveau étatique le gouvernement n'a plus les moyens de sa politique économique: pas de maîtrise de la monnaie; harmonisation fiscale ( concurrence ) subventions contraire à l'OMC. Par contre dans une économie très locale, elle serait bien envisageable mais toujours en adjonction.

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Bonjour à tous, Afin de pouvoir répondre correctement à votre requête, il est important de définir ce que vous entendez par "Economie Sociale et Solidaire" (ESS). Pour rappel, un des fondements de l'Economie contemporaine est qu'un acteur économique, pour survivre et prospérer doit faire en sorte que son modèle soit viable, c'est-à-dire qu'il soit d'une manière ou d'une autre rentable. Dans le cas de l'Etat, il faut que les ressources (impôts, taxes, redevances etc..) couvrent les besoins qui entrent dans le champs de son service publique (présent et futur). Dans le cas d'une entreprise, il faut que les produits (chiffre d'affaires en tête) permettent de couvrir ses dépenses immédiates mais aussi les dépenses futures (les investissements). Dans le cas d'une association, il faut que les ressources allouées (les subventions, adhésions, participations etc..) permettent d'assurer la mission qu'elle s'est fixée. Pareil pour les ménages et autres acteurs économiques. [u]Ce que vous appelez ESS, est si je ne me trompe pas, un raccourci pour décrire le fait de couvrir des besoins sociaux[/u] (par exemple: nourrir les plus défavorisés, permettre l'accès au logement à tous, favoriser l'échange de services domestiques...) [u]non assouvis par les services mercantiles; où assouvis de manière partielle à un prix qui ne permet pas à tout le monde d'en profiter[/u]. Quand on parle des services de l'Etat, il y a des services gratuits (ex: Pôle Emploi) et des services à tarifs dit "sociaux" (ex: les transports publiques); ces services n'engendrent pas souvent des "profits" pour l'Etat, et quand ils en génèrent ils sont normalement réaffectée à l'activité afin de poursuivre son activité. C'est notamment le cas dans les associations, qui ne versent pas de dividendes - le "bénéfice" doit rester dans l'association afin de subvenir aux besoins futurs. C'est là que l'ESS entre en jeu, comme on le sait, les principaux pourvoyeurs de services aidant le tissu social et faisant jouer la solidarité sont: l'Etat, et par extension les associations et entreprises de services publiques, au travers de la redistribution de l'impôt. Comme on le sait également, actuellement l'Etat et les collectivités sont endettés et accuses un déficit structurel (c'est-à-dire que ce déficit est lié au fonctionnement même de l'Etat - pour rappel près de 90% des dépenses de l'Etat sont reconductibles d'une années sur l'autre, la marge de manœuvre est donc très réduite). Qui alors peut mettre de favoriser l'ESS? Les acteurs qui bénéficient d’excédent de trésorerie - en théorie: les ménages, mais aussi et surtout les entreprises, qui de part leurs existences même doivent assurer à leurs besoins de par la structure de leurs business-model. L'entreprise n'est pas de facto exclut du champs de l'ESS parce qu'elle a pour objectif de dégager des profits. Une entreprise a pour objectif d'optimiser son fonctionnement pour maximiser son chiffre d'affaires, son développement et ses profits - elle est maîtresse de son destin si on puis dire. Le(s) gestionnaire(s) de l'entreprise est le garant de la pérennité du modèle - à la différence de l'Etat qui est par nature indissociable de son existence (quoique un Etat en cessation de paiement voit sa souverainté encornée par ses créances, par son peuple, par ses voisins...). Et donc l'entreprise se bat pour exister. Si vous souhaitez vraiment approfondir votre sujet, je vous recommande la lecture du livre de [u]Muhammad Yunus - prix nobel de la paix pour la création de la Grammen Bank fondateur du micro-crédit - qui milite pour le développement des "social-business"[/u]. Il a notamment créé une join-venture avec Danone pour la création d'usines aux Bangladesh distribuant des yaourts hautement nutritifs à des prix très bas. Le nom d'un de ses livres : [u]"Vers un nouveau Capitalisme" [/u]- qui est vraiment très bien fait et vous montrera l'interaction qui existe une forte possibilité de couvrir les besoins sociaux, écologiques, humanistes... grâce au modèle de l'entreprise. Bien sûr, je n'exclus pas les ménages de l'ESS, ils ont un rôle central à jouer; cependant, qui peut prétendre aider les autres tout en préservant de quoi subvenir à ses besoins et "en bon gestionnaire" hormis en créant un collectif qui part sa taille aura plus d'impact et un fonctionnement optimisé. Ce sujet est très vaste, et je suis sûr que vous aurez encore plein de questions - mais n'oubliez pas que tout est possible, il suffit d'y croire, d'y réfléchir et d'agir. En espérant vous avoir un peu aiguillé, Cordialement, Guillaume [i]P.S Matsko, il ne faut pas tout confondre, aucun lien n'est établi entre croissance et réponses aux problèmes sociaux; si elle y répond de manière importante, elle créée aussi dans le système actuel des disparités dans ses bienfaits - tout le monde ne bénéficie pas également des richesses créées et il arrive souvent que l'évolution d'un système entraine de nouveaux problèmes. Quant au terme "communisme", merci de s'intéresser à la définition de Karl Marx, qui au contraire mettait au cœur la réponse aux besoins du peuple et n'incluait pas forcément une fermeture des frontières... après que je sache il n'a jamais été président et n'a jamais appliqué lui-même sa doctrine économique, c'est pourquoi ta vision est biaisée par l'Histoire des dirigeants qui se faisaient appelés "communistes".[/i] P.S² Je citerai aussi le cas du Crédit Coopératif qui démontre que même un organisme financier peut être tourner vers un objectif autre que le profit : [url=]https://www.credit-cooperatif.coop/particuliers/[/url] Modifié par Just2know33

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[u]Ce que vous appelez ESS, est si je ne me trompe pas, un raccourci pour décrire le fait de couvrir des besoins sociaux[/u] (par exemple: nourrir les plus défavorisés, permettre l'accès au logement à tous, favoriser l'échange de services domestiques...) [u]non assouvis par les services mercantiles; où assouvis de manière partielle à un prix qui ne permet pas à tout le monde d'en profiter[/u]. Quand on parle des services de l'Etat, il y a des services gratuits (ex: Pôle Emploi) et des services à tarifs dit "sociaux" (ex: les transports publiques); ces services n'engendrent pas souvent des "profits" pour l'Etat, et quand ils en génèrent ils sont normalement réaffectée à l'activité afin de poursuivre son activité. C'est notamment le cas dans les associations, qui ne versent pas de dividendes - le "bénéfice" doit rester dans l'association afin de subvenir aux besoins futurs. C'est là que l'ESS entre en jeu, comme on le sait, les principaux pourvoyeurs de services aidant le tissu social et faisant jouer la solidarité sont: l'Etat, et par extension les associations et entreprises de services publiques, au travers de la redistribution de l'impôt. Comme on le sait également, actuellement l'Etat et les collectivités sont endettés et accuses un déficit structurel (c'est-à-dire que ce déficit est lié au fonctionnement même de l'Etat - pour rappel près de 90% des dépenses de l'Etat sont reconductibles d'une années sur l'autre, la marge de manœuvre est donc très réduite). Qui alors peut mettre de favoriser l'ESS? Les acteurs qui bénéficient d’excédent de trésorerie - en théorie: les ménages, mais aussi et surtout les entreprises, qui de part leurs existences même doivent assurer à leurs besoins de par la structure de leurs business-model. L'entreprise n'est pas de facto exclut du champs de l'ESS parce qu'elle a pour objectif de dégager des profits. Une entreprise a pour objectif d'optimiser son fonctionnement pour maximiser son chiffre d'affaires, son développement et ses profits - elle est maîtresse de son destin si on puis dire. Le(s) gestionnaire(s) de l'entreprise est le garant de la pérennité du modèle - à la différence de l'Etat qui est par nature indissociable de son existence (quoique un Etat en cessation de paiement voit sa souverainté encornée par ses créances, par son peuple, par ses voisins...). Et donc l'entreprise se bat pour exister. Si vous souhaitez vraiment approfondir votre sujet, je vous recommande la lecture du livre de [u]Muhammad Yunus - prix nobel de la paix pour la création de la Grammen Bank fondateur du micro-crédit - qui milite pour le développement des "social-business"[/u]. Il a notamment créé une join-venture avec Danone pour la création d'usines aux Bangladesh distribuant des yaourts hautement nutritifs à des prix très bas. Le nom d'un de ses livres : [u]"Vers un nouveau Capitalisme" [/u]- qui est vraiment très bien fait et vous montrera l'interaction qui existe une forte possibilité de couvrir les besoins sociaux, écologiques, humanistes... grâce au modèle de l'entreprise. Bien sûr, je n'exclus pas les ménages de l'ESS, ils ont un rôle central à jouer; cependant, qui peut prétendre aider les autres tout en préservant de quoi subvenir à ses besoins et "en bon gestionnaire" hormis en créant un collectif qui part sa taille aura plus d'impact et un fonctionnement optimisé. Ce sujet est très vaste, et je suis sûr que vous aurez encore plein de questions - mais n'oubliez pas que tout est possible, il suffit d'y croire, d'y réfléchir et d'agir. En espérant vous avoir un peu aiguillé, Cordialement, Guillaume [i]P.S Matsko, il ne faut pas tout confondre, aucun lien n'est établi entre croissance et réponses aux problèmes sociaux; si elle y répond de manière importante, elle créée aussi dans le système actuel des disparités dans ses bienfaits - tout le monde ne bénéficie pas également des richesses créées et il arrive souvent que l'évolution d'un système entraine de nouveaux problèmes. Quant au terme "communisme", merci de s'intéresser à la définition de Karl Marx, qui au contraire mettait au cœur la réponse aux besoins du peuple et n'incluait pas forcément une fermeture des frontières... après que je sache il n'a jamais été président et n'a jamais appliqué lui-même sa doctrine économique, c'est pourquoi ta vision est biaisée par l'Histoire des dirigeants qui se faisaient appelés "communistes".[/i] P.S² Je citerai aussi le cas du Crédit Coopératif qui démontre que même un organisme financier peut être tourner vers un objectif autre que le profit : [url=]https://www.credit-cooperatif.coop/particuliers/[/url]

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