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Etude sociale des Sociétés Traditionnelles

Les sociologues observent la réalité sociale d’après la conception qu’ils ont adoptée et étudient l’évolution des structures sociales.

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Dans les sociétés traditionnelles, on peut citer l’exemple des castes et celui des ordres.

Les castes

Caste : groupe social héréditaire et endogamique (caractérisé par des mariages dans le même groupe social), strictement hiérarchisés et fermés, imposant à leurs membres des manières de penser, de sentir et d’agir, des normes, des croyances et des interdits spécifiques.

Les relations sociales se construisent autour de la notion de “pureté” : l’esprit de caste interdit formellement les contacts physiques, les repas en commun entre membres de castes différentes. Des tribunaux de caste jugent les déviants et prononcent contre eux des sanctions allant jusqu’à l’exclusion définitive. Dans ce cas, l’individu perd son identité sociale, il n’est plus rien, ne peut rejoindre une autre caste, où il n’est pas né. Il devient « un intouchable », mis au ban de la société.

L’immuabilité de la stratification sociale indoue repose sur une conception religieuse : la résignation devant l’état de fait existant s’explique par la croyance profonde que l’individu naît en suivant plusieurs étapes en fonction de ses réincarnations successives, ce qui permet à « l’intouchable » d’espérer une meilleure réincarnation dans une vie future s’il accepte son état.

Mais le système des castes est difficilement compatible avec la modernisation sociale qu’entraîne l’industrialisation de l’Inde. De ce fait, la Constitution de 1957 a aboli les castes, qui n’ont plus d’existence légale. Toutefois, l’esprit de caste exerce encore une puissante influence sur les mentalités. Il y a, en Inde, concurrence entre normes juridiques et normes sociales.

Les ordres

Ordre : groupe social juridiquement défini, à forte tendance héréditaire et endogamique, à qui sont attribués certains droits, certaines fonctions, un certain prestige.

Dans l’Ancien Régime, les ordres sont les trois grandes catégories qui composent la société : clergé, noblesse, tiers état. La transmission des fonctions sociales est largement héréditaire, limitant ainsi la mobilité sociale.

Comme pour les castes, la religion légitime cette division, considérée comme le reflet terrestre de l’ordre divin.

Dans la stratification en “ordres”, les groupes sociaux sont hiérarchisés non d’après la fortune de leurs membres, non d’après leur rôle dans la production de biens matériels, mais d’après l’estime, l’honneur, la dignité, attachés par la société à certaines fonctions sociales.

Cependant la pratique sociale s’est peu à peu écartée de ces principes ; la société stratifiée en “ordres” s’est peu à peu figée autour de positions acquises et transmises de génération en génération… sans que la conduite des individus en question justifie les privilèges attachés aux positions en question. Des revendications vont naître afin de supprimer ces privilèges. De plus les transformations techniques, l’extension des marchés, de la monnaie, le développement des villes vont secouer l’inertie de la société d’ordres. En particulier, au sein du tiers état, une couche bourgeoise s’enrichit, jetant les bases du capitalisme.

Or les structures sociales ne s’adaptent pas à l’époque aux changements sociaux : il y a alors blocage et bientôt révolte, puis révolution.

C’est ainsi que les ordres furent abolis en France par la Révolution : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme, dans son article premier : “les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune”.

Alexis de Tocqueville, historien et homme politique français, 1805-1859, analyse les conséquences sociales de la révolution.

Son oeuvre est centrée sur l’essor parallèle de :

– “l’égalité des conditions” ;
– l’individualisme ;
– le principe de la souveraineté du peuple.

Tocqueville est le premier à voir dans la démocratie “un état social”. Il affirme que la Révolution française “n’a été qu’un procédé violent et rapide à l’aide duquel on a adapté l’état politique à l’état social, les faits aux idées et les lois aux mœurs”.

Mais cet idéal égalitaire est tempéré par l’article 17 qui pose que “la propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé”.

L’égalité des droits n’est donc pas incompatible avec l’inégalité des richesses : point de départ de la réflexion sur les classes sociales.


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Auteur : Ecossimo


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