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L’investissement des Entreprises

Nous avons vu plus haut que les entreprises combinaient leurs facteurs de production, capital et travail, de telle manière que le coût de production soit minimum et le profit maximum. Mais l’objectif le plus important reste la compétitivité de l’entreprise. Pour devenir ou rester compétitive, une entreprise doit investir.

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Définition et rôle de l’investissement

Investissement : achat par l’entreprise de biens et de services qui vont servir plusieurs fois au cours de l’activité productive.

On distingue :

– les investissements matériels(achat de machines, de bâtiments, etc.) ;
– et les investissements immatériels(achats de logiciels, dépenses de formation, de commercialisation, de recherche et développement, etc.).

Les investissements sont ainsi des dépenses qui permettent de maintenir ou d’accroître le potentiel de production de l’entreprise, c’est-à-dire son capital technique.

C’est pourquoi l’investissement est la condition même de la croissance économique. C’est lui qui permet l’amélioration des techniques de production et le développement du progrès technique. Or l’investissement dépend de la rentabilité qu’en attend l’entrepreneur. Celui-ci fait un pari sur l’avenir, il anticipe une hausse durable de la demande effective adressée à ses produits. Il prend donc un risque.

Le financement de l’investissement

Si le capital de l’entreprise est financé par les actionnaires, les investissements ultérieurs de l’entreprise, quant à eux, peuvent être financés de trois manières différentes :

Financement de l’investissement par autofinancement

La distribution d’un dividende aux actionnaires suppose que l’entreprise fasse des bénéfices et que l’assemblée générale des actionnaires décide le montant de cette distribution. Cette décision dépend des résultats de la gestion de l’entreprise. En effet, il faut que l’entreprise garde une part des bénéfices pour investir : c’est ce qu’on appelle “l’autofinancement”, c’est-à-dire le bénéfice non distribué(aux actionnaires) + la dotation aux provisions et aux ammortissements.

Autofinancement : somme que l’entreprise consacre à ses investissements à partir de ses propres bénéfices.

Financement de l’investissement par émission d’actions nouvelles

La société peut financer ses investissements sans s’endetter : en augmentant son capital. Elle annonce l’émission d’actions nouvelles que le public pourra acheter.

Financement de l’investissement par emprunt auprès du public

La société émet alors un emprunt sous forme d’obligations. Obligation : titre représentatif d’une créance qui donne droit au paiement annuel d’un intérêt. Créance : reconnaissance de dette.

Les motifs de l’investissement

On distingue trois principaux motifs à l’origine de la décision d’investir :

– l’augmentation de la capacité de production : investissement de capacité
– le remplacement du matériel obsolète : investissement de remplacement dit « amortissement »
– l’amélioration de la productivité : investissement de productivité.

En réalité, tous les investissements qui permettent d’augmenter les capacités sont en général aussi générateurs d’une productivité du travail plus élevée.

C’est donc l’activité d’entreprise, celle des unités de production, qui permet :

– d’une part la distribution des revenus nécessaires à la population ,
– et d’autre part de répondre à ses besoins collectifs : c’est en effet grâce à l’activité d’entreprise que l’Etat perçoit des recettes fiscales, dites prélèvements obligatoires, grâce auxquelles il finance les infrastructures dont la société a besoin : hôpitaux, routes, écoles, etc.

Le résultat de l’investissement : le progrès technique

Le progrès technique, c’est l’évolution de la découverte à l’invention puis à l’innovation :

Découverte : action de trouver ce qui était inconnu.

Invention : application pratique d’une découverte, sous la forme d’un produit ou d’un procédé nouveau.

Innovation : une invention devient une innovation quand elle trouve une application industrielle et commerciale.

L’innovation est donc la commercialisation d’une invention.

Quelques innovations :

– Denis Papin (1647-1714) met au point une marmite avec une soupape de sécurité, et en 1687, il construit sa fameuse machine à vapeur à piston. Il fit construire un bateau à vapeur, mais les bateliers par crainte du chômage brisèrent sa machine…

– James Watt(1736-1819) invente la machine à vapeur en 1784. Elle servit à d’autres inventeurs pour construire d’autres machines telles que le tricycle à vapeur de Murdock , le véhicule à vapeur d’Olivier Evans ainsi que la locomotive de Hedlley (la Puffing Billy).

– Benjamin Franklin(1706-1790) a étudié la foudre en se servant d’ un cerf volant puis a fait des expériences chimiques ce qui lui a permis d’ inventer le paratonnerre qui sert encore au 20° siècle à se protéger de la foudre .

Les différents types d’innovation

– Innovations de produits : biens ou services nouveaux ;
– innovations de procédés : consistent à produire des produits existants avec des procédés nouveaux.

Les conséquences des innovations :

Les innovations de produits peuvent avoir des conséquences différentes pour la croissance selon que le produit nouveau se substitue ou non à un produit existant :

– lorsque le produit nouveau ne se substitue pas aux produits existants, c’est un marché nouveau qui s’ouvre. Des entreprises sont fondées pour fabriquer ce nouveau produit. Des emplois sont créés. Le processus de croissance est enclenché. Ex: au XIXe siècle, le chemin de fer a entraîné le développement de la production charbonnière, la sidérurgie, la métallurgie, le génie civil, etc. Au XXe siècle, ce fut le tour de l’automobile.
– lorsque le produit nouveau remplace un produit existant, certaines activités déclinent.
Cependant, il est possible que le nouveau produit induise une croissance plus importante que l’ancien. Ex : l’électricité dont les applications ont été beaucoup plus étendues que celles des produits qu’elle a remplacés(les bougies, les lampes à pétrole).

Les innovations de procédés

Elles sont destinées à augmenter la productivité. (production / nombre de travaileurs ou heures de travail) Exemple d’innovation de procédé : changement dans l’organisation du travail.

Leurs effets peuvent être directs ou indirects sur l’emploi :

– Effets directs sur l’emploi :
Si la production reste inchangée, l’augmentation de la productivité a un impact négatif sur l’emploi puisque, si on produit autant avec moins de travail, cela entraîne des licenciements. Par contre, si l’on produit plus, la hausse de la production peut permettre une baisse des prix, ce qui peut élargir les débouchés, créer de nouveaux marchés, ouvrir de nouveaux emplois.

– Effets indirects sur l’emploi :
La hausse de productivité exige souvent l’utilisation d’équipements plus modernes et performants produits par d’autres branches(fabriquant des biens d’équipements). Ces branches sont stimulées par la modernisation des entreprises, elles accroissent leur production, embauchent, ce qui crée des revenus, c’est-à-dire une augmentation du pouvoir d’achat donc de la demande de produits, ce qui les pousse à embaucher davantage et ainsi de suite : ce processus est appelé : « cercle vertueux de la croissance ».

Ainsi, même s’il provoque la destruction de certains emplois (les moins qualifiés dans le secteur industriel), l’investissement est le moteur de la croissance et provoque la création de quantité de nouveaux emplois.


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Auteur : Ecossimo


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