Comprendre comment fonctionne le système des retraites, en 3 minutes chrono

par | Actualité Economique

On nous répète sans cesse que nous devons nous préoccuper de notre retraite. Mais pourquoi précisément ? Et comment fonctionne la retraite ?

Ne mettons pas la charrue avant les boeufs : avant de préparer sa retraite, il faut comprendre sa retraite.

Les grands principes du système de retraite français

La première chose à comprendre, c’est que les cotisations retraite qui nous sont prélevées sur la fiche de paye ne sont pas accumulées dans un coffre qui nous est personnellement destiné. Elles sont versées en temps réel aux retraités actuels.

Les caisses de retraite sont gérées en flux tendu (avec quelques exceptions : certaines caisses gèrent bel et bien des réserves) : c’est le principe de la retraite par répartition.

La deuxième chose à comprendre, c’est que c’est compliqué ! Il existe de très nombreuses caisses de retraite différentes, qui correspondent à des branches professionnelles ou des régimes spécifiques. Cet article sera donc nécessairement une simplification de l’existant.

En règle générale, toute personne ayant cotisé touchera au moins une retraite de base et une ou plusieurs retraites complémentaires.

La retraite de base

La plupart du temps, la retraite de base est gérée par la Sécurité Sociale. Elle couvre 18 millions de cotisants (70% des actifs) et 14 millions de retraités, c’est donc, et de loin, le principal régime en France. Mais cela signifie aussi que 30 % des actifs ont leur retraite de base gérée par un autre organisme. Il existe aussi de plus en plus de poly-pensionnées : des personnes ayant cotisé à plusieurs régimes.

La retraite complémentaire

Elle est gérée par des organismes indépendants, qui dépendent du métier exercé, de la branche professionnelle, du secteur d’activité, du statut… pour les cadres c’est généralement l’AGIRC-ARRCO qui gère la retraite complémentaire.

On peut avoir plusieurs retraites complémentaires si l’on cotise à plusieurs caisses au long de sa vie.

Deux questions se posent maintenant : quand peut-on partir à la retraite, et combien gagnera-t-on ?

Quand peut-on partir à la retraite ?

Pour toucher la retraite de base, il faut cumuler des trimestres. Curieusement, le trimestre n’est pas vraiment une unité de temps dans le langage de la retraite. Un trimestre correspond à une certaine assiette de calcul des cotisations par année.

Si on versé des cotisations calculées sur la base d’une fois ce montant, on a accumulé un trimestre. Deux fois, deux trimestres et ainsi de suite. Il est possible de cumuler au maximum quatre trimestres par an, obtenus si l’on a cotisé sur une base de salaire d’environ 6000 € sur l’année.

Aussi étonnant que cela paraisse, on peut donc cotiser quatre trimestres en un seul mois si l’on gagne cette somme en janvier et que l’on ne gagne plus rien le reste de l’année.

Après les trimestres, il faut s’intéresser à l’âge de départ à la retraite.

Aujourd’hui, l’âge légal du départ à la retraite est de 62 ans. Pour pouvoir demander sa retraite, il faut avoir atteint cet âge. Dans certaines conditions ou dans certains régimes, l’âge de départ légal est inférieur, mais le principe reste le même.

On applique ensuite une surcote ou une décote en fonction des trimestres que l’on a validés. Pour les personnes nées après 1973, il faut 172 trimestres pour une retraite à taux plein. Si vous avez tous vos trimestres, vous toucherez 100% de votre retraite (telle qu’elle sera calculée dans la section suivante). Mais si vous demandez votre retraite à 62 ans sans avoir tous vos trimestres, vous subirez une décote sur les montants perçus, proportionnelle au nombre de trimestres manquants.

Pour valider des trimestres manquants il faut continuer à travailler. Vous pouvez aussi choisir de travailler plus pour augmenter votre retraite, même si vous avez déjà vos trimestres. Vous aurez alors une surcote, une forme de bonus sur votre pension.

Enfin, vous pouvez aussi racheter des trimestres, c’est-à-dire payer volontairement une somme durant votre vie active pour valider rétrospectivement des trimestres d’étude par exemple. Plus vous êtes jeune, moins le trimestre est cher.

Pour finir, il existe aussi un âge plafond : 67 ans actuellement. Si vous demandez votre retraite à cet âge, on considère que vous avez tous vos trimestres et vous ne subirez aucune décote même s’il vous en manque. Le taux maximum est appliqué automatiquement.

Tout ceci est compliqué, et le bon choix de l’âge de départ est un calcul personnel à faire.

Selon son déroulé de carrière, ses besoins financiers et son envie personnelle, il peut être plus judicieux de partir tôt ou de « tirer » encore un peu. C’est pourquoi il est essentiel de bien préparer sa retraite financièrement : avoir un matelas de sécurité permet de se laisser des options, par exemple de partir plus tôt et d’accepter de subir une décote sur sa pension.

Intéressons-nous maintenant aux montants des pensions de retraite.

Combien touche-t-on à la retraite ?

À la retraite, on reçoit des virements de plusieurs organismes : celui qui gère la retraite de base, et celui ou ceux qui gèrent les retraites complémentaires. Si on a cotisé dans plusieurs régimes, chacun verse sa petite pension (même s’il existe des cas où elles peuvent être regroupées).

Le montant de la retraite de base

Dans le privé, la retraite de base s’élève à 50 % du salaire moyen des 25 meilleures années. Dans le public, c’est 75 % du dernier traitement (souvent le plus élevé).

Encore une fois, il y a ici de nombreux cas particuliers, mais le principe général est celui-ci. C’est pourquoi on dit souvent que l’on “perd la moitié de son salaire” à la retraite.

C’est cette retraite de base qui sert de calcul aux majorations ou au minoration, selon le nombre de trimestres cotisés pendant votre vie professionnelle, comme vu plus haut.

Il faut ajouter les retraites complémentaires.

Elles fonctionnent avec des points. En cotisant, vous achetez des points : ils ont une valeur d’achat mais aussi une valeur à la retraite. Leur valeur évolue dans le temps.

Votre retraite complémentaire annuelle sera simplement la valeur du point au moment du versement de la retraite, multiplié par le nombre de points que vous détenez. Et ce, pour chacune des caisses.

Imaginons par exemple que vous ayez accumulé 45000 points auprès d’une caisse, et que la valeur du point à la sortie soit de 0,30 €. La caisse vous versera donc 45 000 x 0,3 = 13 500 € par an, soit 1 125€ par mois en complément de votre retraite de base. Pas mal non ?

Enfin, de la même manière qu’il existe un âge de retraite à taux plein qui permet à tous de compenser un manque de trimestres, il existe le minimum retraite : un montant plancher que vous êtes assuré de toucher même si vous n’avez pas beaucoup cotisé. Il est appliqué automatiquement s’il vous est plus favorable.

Voilà, en très simplifié, le fonctionnement du régime des retraites actuel (2020), pré-réforme des retraites.

La réforme des retraites devrait faire disparaître les régimes spéciaux et unifier tout le monde sous un même régime à base de points. Mais le débat est loin d’être fini !