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Groupe Casino : le scénario d’un rapprochement avec Carrefour est-il crédible ?



Le scénario d’une volonté de Carrefour de préparer une offre pour racheter le groupe Casino, évoqué par la presse cet été, est-il véritablement crédible ? Au-delà du démenti de Carrefour, des raisons objectives viennent compliquer la possibilité d’un rapprochement entre les deux géants français du secteur de la distribution.

Le groupe Carrefour a démenti mercredi préparer une offre de rachat de Casino. Un démenti qui arrive après plusieurs semaines de spéculations et des informations de BFM Business qui évoquaient la volonté d’Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, de mettre la main sur la totalité des actifs du groupe stéphanois de distribution.

Une information qui pouvait paraître crédible au vu de la situation du groupe de Jean-Charles Naouri, fragilisé depuis des mois par le poids de sa dette et par des attaques spéculatives venues de fonds vautours américains, qui ont imposé à Rallye, la maison-mère du groupe Casino, de se placer en procédure de sauvegarde.

L’alliance entre Jean-Charles Naouri et Daniel Kretinsky

Lourdement endetté, le groupe Casino a vu sa valorisation chuter depuis l’année dernière. Une situation qui rendrait la possibilité d’une OPA crédible ? La réalité  n’est toutefois pas aussi simple. Elle a surtout beaucoup évolué au cours des dernières semaines. Deux facteurs principaux expliquent cette nouvelle donne : la stratégie d’allègement massif de la dette engagé par Jean-Charles Naouri, et l’arrivée d’un nouvel actionnaire en la personne du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky.

Deux facteurs allant en réalité de pair, puisque c’est parce qu’il a jugé le plan de désendettement du groupe Casino crédible (2,5 milliards d’euros d’actifs cédés ces derniers mois et 2 milliards d’euros de cessions prévus d’ici le premier trimestre 2021) que l’homme d’affaires tchèque a acquis 4,63% du capital de Casino, devenant du même coup le deuxième actionnaire du groupe.

L’arrivée de Kretinsky a boosté les cours de l’action Casino, qui a pris près de 20% de valorisation en deux semaines, et qui a été perçu par les marchés comme un signal encourageant sur la crédibilité du plan de cessions d’actifs mené par Casino.

Une hausse du cours en bourse de l’action Casino qui complique de facto des velléités d’OPA de la part du groupe Carrefour, qui tablait jusqu’alors sur une valorisation comprise entre 4 milliards et 4,2 milliards d’euros.

Mais, au-delà de ces enjeux capitalistiques, d’autres raisons plus organiques compliquent la perspective d’un mariage entre Casino et Carrefour. Des raisons qui ont notamment à voir avec la concurrence que se livrent les deux groupes via Carrefour Market et Monoprix, dans le secteur des magasins de proximité à Paris.


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Auteur : Marie


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